Qui pour moraliser la vie politique aux Etats-Unis?

En avant propos, une première remarque. Qui juge les congressmans? Les pères fondateurs, pour préserver le pouvoir législatif de la tyrannie du pouvoir exécutif (et d’arrestation arbitraire)ont accordé aux membres du Congrès une immunité mais en contrepartie ont fait de la chambre le seul juge de ses membres.

On se souvient en 2006 de l’affaire Jack Abramoff qui avait un peu plus fait tomber l‘estime de l‘Amérique pour ses politiciens ( un sondage montrait alors qu’à la veille des élections de 2006, l’éthique était la préoccupation centrale de l’opinion publique américaine). A ce moment là, qu‘avait fait Pelosi nouvellement élu au poste de speaker ? Elle avait décidé de créer un organisme interne : the Office of congressional Ethics (OCE). Il existait déjà le House Committee of Ethics pour surveiller les agissements de ses membres mais cet organe rongé par l’esprit partisan avait perdu toute crédibilité du fait de son inefficacité.

Dans les textes, l’ OCE est composé de citoyens qui ne doivent avoir aucun liens avec le pouvoir fédérale. En vérité il s’agit pour la plupart d’anciens congressman et d’anciens staffers qui ont encore des liens je ne dirai pas de loyauté mais au moins d’amitié au congres.

3 ans plus tard et un  lourd retard dans le début des travaux, du au fait que les 2 partis n’arrivaient pas a se mettre d’accord sur le staff et les moyens à allouer à l‘OCE, cet organisme a-t-il produit des résultats?
Actuellement l’office enquête sur 36 cas pour lesquelles il est saisi par toute personne privée. Par exemple une enquête a lieu en ce moment sur une congresswoman de Los Angeles pour savoir si elle s’est servi de son influence politique lors du renflouement d’une banque dans laquelle elle avait des actions. Ou sur un congressman du Montana qui a invité un collègue de sa femme à participer à une audition au congrès ( on a appris il y a 2 jours qu’aucune charge n’avait été retenu contre lui). Ou encore sur Michele Bachmann pour savoir si en annonçant le rassemblement des tea party il y a deux semaines sur son site officiel, elle a enfreint la règle du non mélange des activités de campagne et de législateur.

La principale faiblesse de ce système est que même si cet organisme se voulait activiste dans la moralisation de la vie politique il n’en aurait pas les moyens. On a vu que sa composition n’était pas un gage d’indépendance. De plus il ne peut pas assigner quelqu’un à comparaitre ou l’inculper. Il ne fait qu’investiguer et transmettre les dossiers à la house committee of ethics, organisme bipartisan, qui lui a le pouvoir d’inculper un congressman. Or ce committee préféra toujours laver son linge sale en famille que l’agitation médiatique qu’une affaire judiciaire provoque.

Pour autant le House Committee of Ethics commence à faire quelque chose pour changer notamment parce qu‘il est sous les projecteurs mediatiques. Mais les sanctions restent rares notamment les expulsions de congressman pour fait graves qui sont extrêmement rares. Pour les cas les plus graves de corruption, comme récemment William Jefferson, congressman de Louisiane, l’immunité est levé et il est inculpé par la justice fédérale.

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