Elections et diffamation

swearingLes Européens l’ignorent peut-être, et d’ailleurs la majorité des américains aussi, mais nous sommes en période électorale en ce moment. Législateur du comté, maires, juges de la ville, du comté, de l’État, gouverneurs … seront élus le 3 novembre. C’est le moment pour moi d’observer les stratégies électorales de très prés.
Or ce qui m’a réellement surpris, c’est qu’à la différence de la France ou le langage politique est “plutôt courtois“, ici quasiment tout est permis… C’est la stratégie politique du dirty trick: impertinences, cruauté, rumeurs incorrects on voit un peu tout passer ici. Ces tactiques sont souvent utilisés pour détourner l’électeur du projets d’un candidat et l’amener à se prononcer davantage sur la moralité ou l’immoralité d’un candidat.

Dans un pays ou la liberté d’expression est érigé en sacro-sainte règle, la diffamation est reine. Bref on peut dire tout et n’importe quoi, personne n’attaque personne en justice. Un élu m’a récemment montré un tract comportant une photo de lui en vacances (maillot de bain et chemise a fleur en prime),  prise par son opposant républicain sur internet. Quand je lui ai dit que ceci n’était pas possible en France, il est resté abasourdi. En fait la diffamation est ancrée dans la pratique politique américaine. Thomas Jefferson avait a son époque embauché un journaliste pour faire circuler des informations sur son adversaire. Malheureusement ce journaliste s’est plus tard retourné contre lui.

La jurisprudence en matière de diffamation est troublante. Elle repose sur le concept de malveillance actuelle “actual malice”. Ce concept a été introduit par la Cour Suprême dans un arrêt de 1964, ‘”New York Times Co. v. Sullivan“. Cela signifie que pour justifier qu’un acte diffamant s‘est produit, l’accusation doit pouvoir prouver que le présumé coupable avait connaissance du fait que cette accusation était fausse ou qu’il y avait chez lui un mépris volontaire à ne pas connaître la vérité. Pour recevoir des dommages et intérêts ou faire annuler une élection il faut donc prouver ce que la personne a en tête, preuve difficile sinon impossible à fournir. Ce cas de malveillance volontaire est donc très rarement soulevé si bien que les accusations en diffamation sont rares.

Une Réponse to “Elections et diffamation”

  1. Monsieur Prudhomme Says:

    D’où le film Absence of Malice où une pauvre journaliste se fait manipuler par tout le monde (dont le titre a été traduit très bêtement par Absence de Malice)

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