Argent et politique- episode 2

Je vous parlais il y a peu des pratiques dérivées des règles sur le financement des campagnes électorales. Et bien je viens d’apprendre que la Cour Suprême des Etats-Unis doit se prononcer la semaine prochaine sur le rôle des groupes d’intérêt dans les campagnes électorales. En effet la loi électorale actuelle interdit aux patronats, syndicats… de diffuser des messages à caractère politique durant les campagnes électorales fédérales. Par exemple un film critiquant très durement Hillary Clinton, réalisé durant la primaire démocrate et financé par “Citizens United”, un obscur groupe conservateur avait été interdit.

La cours suprême ici saisie, doit revenir sur un arrêt qu’elle avait rendu en 2003 sur un article de la loi sur le financement des campagnes électorales dite loi McCain-Feingold introduisant cette restriction. Cette loi découle d’une loi fondatrice des restrictions du financement prive en matière électorale: le Tilman Act de 1907 introduit par Theodore Roosevelt lorsqu’on accusa celui-ci de corruption lors de l’élection présidentielle de 1904. En 2003, la Cour Suprême avait donc estimés à une toute petite majorité(5-6), que l’entrave à la liberté d’expression n‘était pas suffisante et confirmait ainsi le gouvernement (en l’occurrence, la Federal Election Commission) dans sa mission. Celle de préserver le débat politique de toute influence extérieure. On voit le résultat tous les jours !!!

Cette disposition est donc contestée devant la cour au motif qu’elle serait contraire au fameux 1er amendement, pilier de la liberté d’expression aux Etats-Unis. Les Lobbies sont vent debout pour soutenir un arrêt de la Cour supprimant cette restriction. Celui-ci pourrait bouleverser les règles du financement et ouvrir les portes à plus de donateurs privés.

L’équilibre des forces à l’intérieur de la cour suprême a changé depuis 2003 dans un sens plus conservateur. Et les récentes déclarations de la nouvelle juge Sonia Sotomayor, sur les méfaits de l’argent en politique pourraient ne rien y changer.

Les opposants à la régulation arguent que dans 26 Etats il n’y a aucune limite aux publicités politiques faites par des entreprises. D’après eux, il faut autoriser ces voix à s’exprimer dans le débat public lors des campagnes électorales. Les partisans estiment quand a eux que si ces règles n’existaient pas la parole des petits donateurs (ceux qui ont joué un grand rôle dans l’élection d’Obama) serait étouffée par celles des gros donateurs.

Comme d’habitude la vérité est entre les deux. Toutefois, on peut dire que les campagnes électorales tournent déjà pas mal autour du “craps” politique, étant donné que le délit de diffamation n’existe pratiquement pas. Ca ne risque donc pas de pourrir un débat déjà bien porté sur les attaques personnelles. Par contre on risque d’avoir un débat un peu embrouillé et cacophonique.

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